Dimanche 05 Août 2012
Une association samarienne a établi un bivouac de la guerre 1914-1918 au village, lors des commémorations de la Libération du 8 août 1918. Rencontre avec des passionnés d'histoire.
De hommes habillés en tenue militaire de la Première Guerre mondiale, marchant au pas et campant sous des tentes rudimentaires autour d'un feu de camp.
C'est ce qui se déroule sur ce bivouac établit par une dizaine de membres de l'association 14-18 en Somme, jusqu'à ce soir au terrain de sport. Le petit groupe s'est réuni, hier, pour commémorer la libération de Marcelcave, le 8 août 1918.
Ce type de «sorties » à l'occasion de commémorations historiques, l'association basée à Roye en fait une vingtaine par an. Et toujours sous les ordres du «sergent », Sylvain Pinard. Voilà 3 ans que ce professeur d'histoire de 41 ans est à la tête d'une trentaine de membres. Son objectif : «Faire de l'histoire vivante. Ce qui n'est ni de la reconstitution, ni du théâtre ».
Une passion qui ne date pas d'hier. «Il y a une dizaine d'années, j'ai intégré une autre association d'histoire vivante, explique-t-il. Le problème, c'est qu'il y avait très peu de jeunes. Pourtant, ils sont nécessaires pour permettre aux populations de se réapproprier l'histoire de la Grande guerre. »
Dans les rangs, le sergent peut compter sur ses fidèles recrues «dont la plupart sont des anciens élèves du lycée », au profil très différents. «Nos jeunes sont âgés de 17 à 23 ans, ajoute Sylvain Pinard. Dans la vie civile, ils sont étudiants ou encore mécanicien automobile. Notre cantinière, Martine, est secrétaire de direction. »
À chaque «sortie » du groupe, la discipline militaire et la rigueur sont de mise. « C'est pourquoi nous travaillons avec un matériel d'époque : nos uniformes, nos armements et même notre moulin à café sont fidèles à ceux qu'avaient les gars en 1914-1918. Pour les repas, c'est pareil : nous mangeons des conserves de viande en gelée, des pâtes, du riz», ajoute le quadragénaire, qui reconnaît que l'histoire vivante fait face à des contraintes et des a priori.
« Le plus difficile, c'est de franchir le pas. On se demande toujours si on ne va pas être ridicule, si on ne va pas jouer à la guerre. Ce n'est pas le cas. Nous transmettons des connaissances et nous en recevons également. Nous sommes dans l'histoire et bien sûr, dans le devoir de mémoire », conclut Sylvain Pinard, qui participera à une nouvelle commémoration avec son groupe, le week-end prochain, en Belgique.
ALEXANDRA MAUVIEL source le courrier picard.fr
